Notule 10 : Qu’appelle t-on « Souffles » en Médecine Traditionnelle Chinoise ?

Les « Souffles » sont liés à tous les mouvements de la vie

En Médecine Traditionnelle Chinoise, « Qi », « Energies », ou encore « Souffles », sont des termes équivalents.

Les mouvements des « Souffles » participent à tout ce qui est perceptible. Les Chinois parlent du Souffle des différents moments de l’année (par ex. le Souffle du printemps), de la journée (Souffle de la nuit, d’une journée ensoleillée), mais aussi du Souffle d’une odeur, d’une haleine, d’une attitude, de l’humeur du moment, d’une colère, etc.

Les Souffles sont liés à tous mouvements de circulation, de réchauffement ou de refroidissement, à toutes les formes de dynamisme, ainsi qu’à leurs transformations dans la durée.

C’est à partir de ces mêmes Souffles et de leurs mutations que travaillent les artistes : en calligraphie, en musique ou en danse traditionnelles… ou contemporaines.

Nos Souffles sont le produit de ce que nous avalons et respirons

Nos Souffles-énergies se nourrissent de ce qui nous vient de la Terre, des essences que nous assimilons par la digestion, et qui renouvellent nos substances et nos liquides.

Ils proviennent également de tout ce qui nous vient de l’environnement, notamment de la respiration et de la qualité de la lumière.

Nos Souffles circulent et se transforment selon des cycles propres à notre organisme.

Les Souffles des humains doivent être en harmonie avec les Souffles de la Nature

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce qui fait la santé d’un individu ce n’est pas la quantité de Souffles qui l’habitent (c’est à dire la quantité d’énergie dont il dispose) : c’est plutôt la relation harmonieuse qu’il parvient à établir entre ses propres Souffles et les Souffles externes qui le traversent.

Pour la Médecine Traditionnelle Chinoise, si la relation d’un individu avec son environnement est harmonieuse, les Souffles externes vont se rendre d’eux-mêmes là où ils sont nécessaires : dans les cinq Organes principaux (Rein, Foie, Coeur, Rate, Poumon). Ils participent ainsi à la circulation de l’énergie dans chacun des méridiens, renforçant le maillage énergétique de son corps, réplique de l’ensemble du cosmos avec lequel il doit se mettre en résonance.

Si nos Souffles suivent l’ordre naturel de l’univers, ils sont qualifiés de « corrects » (zheng). S’ils se dérèglent, ils sont considérés comme étant « pervers » (xie). »

Les émotions, elles aussi, sont liées aux Souffles

Nos Souffles se nourrissent de tout ce qui nous pénètre, pas seulement par la bouche ou les pores mais aussi par les organes de nos sens et par notre entendement : certaines situations émotionnelles confortent la circulation interne des Souffles, d’autres contextes la contrarient, la bouleversent et finissent par engendrer des pathologies.

On voit par là que nos activités mentales, notre moral ou la force de notre pensée, sont indissociables des mouvements des Souffles. Pour les taoïstes chinois, s’il y a émotion, c’est que la circulation des Souffles a été perturbée par des influences externes : par des sollicitations excessives, par une éducation inappropriée, par des contraintes sociales ou professionnelles difficiles à assumer, par des conditions de vie inappropriées, par un contexte familial hostile… autrement dit par des « Souffles pervers »

L’action thérapeutique passe par la régulation des Souffles

Pour être en bonne santé, il ne suffit donc pas de cultiver ses capacités physiques : chacun doit trouver la forme de sérénité émotionnelle qui lui convient.

Dans la Chine ancienne, cultiver la longévité constituait l’objet même de la philosophie taoïste. Le Sage ne se contentait pas de raisonner : il devait pratiquer les techniques de longévité. Qu’il s’agisse de Qi gong, de Tai Qi, de Dao Yin ou des formes les plus raffinées de méditation, tous ces arts avaient le même but : apprendre à maîtriser l’harmonisation des Souffles.

Pour Elisabeth Rochat de la Vallée, l’une des grandes spécialistes françaises de la traduction des textes médicaux anciens, « la régulation des Souffles constitutifs et animateurs de l’homme, au sein des Souffles constitutifs et animateurs du cosmos, est l’objet même de l’art médical ».

C’est donc avant que la maladie ne se déclare, dès que le patient sent intuitivement que ses Souffles commencent à se dérégler, qu’un bon massage peut l’aider à remettre ses énergies en harmonie avec le monde qui l’entoure.

A lire : Elisabeth Rochat de la Vallée, Les 101 notions-clés de la médecine chinoise, Trédaniel, 2009, pp. 32-35.


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